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MessagePosté: Jeu 02 Aoû 2007, 8:44 


:shock:


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MessagePosté: Ven 03 Aoû 2007, 11:14 


.

Lu quelque part :

"sauf erreur, il s'agit du monument érigé après le bombardement dans lequel la fille adoptive de Khadafi a trouvé la mort."


:?:
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MessagePosté: Ven 03 Aoû 2007, 18:39 


.

Sark-Afrique

http://www.dailymotion.com/video/x2nxja ... gabon_news


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MessagePosté: Dim 05 Aoû 2007, 22:46 


.

J'ai lu ça :

"Un adolescent de 19 ans a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Marseille à quatre mois de prison ferme pour avoir injurié Nicolas Sarkozy et des policiers, a-t-on appris dans le quotidien La Provence, vendredi 3 août. Le 1er novembre 2006, dans le quartier du Charrel à Aubagne, l'adolescent avait insulté des agents de police et adressé un " Je nique Sarko, le fils de p… ! " au président de la République qui était alors ministre de l'Intérieur."

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MessagePosté: Mer 08 Aoû 2007, 7:07 


.

L'Europe...

http://rue89.com/2007/08/07/allemagne-l ... er-le-pays



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MessagePosté: Ven 10 Aoû 2007, 22:11 


.

Après cet article :

http://rue89.com/2007/08/10/la-france-p ... hniquement


il y a ce commentaire :

"Veut-on en France une société multi-culturelle ou une société ethnicisée ? Tous les jeunes avec lesquels je travaille se considèrent d'abord comme des êtres humains qui doivent tous avoir les mêmes droits dans la vie. Pas question de quota dans le monde du travail ou ailleurs. Comptabiliser les noirs, les jaunes, les blancs, etc, les catholiques, les musulmans, les Juifs etc ne permettra jamais de résoudre les problèmes liés au racisme et aux discriminations.

Petit rappel à propos de cette fameuse citée de l'histoire de l'immigration : 8 historiens en ont démissioné :

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2047

"huit historiens démissionnent des instances officielles de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI) pour protester contre l’instauration « inacceptable » d’un ministère de « l’immigration et de l’identité nationale »..."

Autre petit rappel : les instituteurs et les enseignants luttent contre un logiciel de "gestion des élèves" appelé "base-élèves", qui justement pose des questions sur l'origine des enfants, leur nationalité, leur langue etc

http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article2143

Qui est le CRAN ? "Une imposture médiatique fondée sur la race" dit le collectif des Antillais, Guyanais et Réunionnais :

http://www.collectifdom.com/spip.php?article532

Personnellement, et je pense ne pas être la seule, je dis NON au comptage ethnique qui ne résoudra aucun problème.
"


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MessagePosté: Ven 10 Aoû 2007, 22:15 


.


Il y a ça aussi :

"Ah !....
Y'a pas pire raciste que les noirs entre eux !
Allez travailler en Guyane et aux Antilles !... Ils se pourrissent la gueule 24h/24h ! sans compter le racisme envers
- les indiens,
- les brésiliens (non, pour ceux qui font le boulot d'ébénisterie ou de charpentier, maçonnerie, voir les chercheurs d'or),
- les blancs (aie, malheurs aux français blancs qui vont travailler et réussissent pour gagner leur vie), ou s'installer sur le sol guyanais, antillais... ils paient cher (viol des blanches dès 10 ans, vol réguliers dans maisons et appartements, agression quotidiennes, vengeance sur les plans immobiliers même par les huissiers, avocats et notaires...
- les Mhongs (qui ont réussi à faire la culture intensive (ex : jardin de Cacao, ou plantations de rizières)
- les Békés (ou zoreilles à la Réunion), café au lait

Et là,on ne parle même pas de lieu de naissance, ni de religion ! seulement de couleur de peau !...

Malheur si une remarque purement professionnelle est mise en avant = racisme = avion retour !

Alors, Cran = (imposture) pour les Départements d'Outre-mer ?

Par contre, très doués quand il faut faire grève ! l'esprit de famille revient tout de suite, intérêts multiples car tous impliqués dans la fonction publique (Conseil général, EDF, hôpital, Mairie, écoles publiques, DDE...)... Il n'y a plus de racisme dès qu'il faut toucher les allocations (RMI ou autres) et primes européennes, nationales, régionales et communales !
"


...

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MessagePosté: Mer 15 Aoû 2007, 23:05 


.

A propos de wikipédia, j'ai lu ça :

"rhaaaaaa... je preparais un papier sur le sujet mais jme suis fait double par Rue89 ^^

Oui, le systeme est transposable en France, Griffith a plein d'IP ranges qui collent avec nos administrations et nos entreprises.

Mes preferes:
-le MINEFI qui sucre un paragraphe sur l'appartement de fonction de Cope
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?tit ... %C3%A9&d...

-Le Ministere de l'Education qui passe la brosse a reluire sur les demeles judiciaires de Darcos
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?tit ... v&oldid=...

-TF1 qui ecrase la polemique sur la legalite du site de sa filiale JET
http://fr.wikipedia.org/w/index.php?tit ... d=17466325

et y'en a plein d'autres!!

Ce qui ressort en general c'est que ces modifs sont faites par des employes lambdas accros a Wikipedia. Seule la Mairie de Paris semble avoir une reelle strategie sur le sujet (voir la bio de Contassot par exemple http://fr.wikipedia.org/w/index.php?tit ... offset=2...).

Les spin-doctors francais ne se sont pas encore rendu compte du potentiel de l'encyclopedie!
"


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MessagePosté: Sam 18 Aoû 2007, 14:39 


.

Futur... ?


Je lis ça :

http://rue89.com/2007/08/18/jai-teste-l ... eurs-aussi

pour les commentaires des internautes...


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MessagePosté: Mer 22 Aoû 2007, 18:25 


.

J'entends comme un fait divers que Poutine et sa bande ont fait en sorte que la BBC ne soit plus audible sur le territoire russe.



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MessagePosté: Jeu 23 Aoû 2007, 8:19 


comme un fait "pas si important", noyé dans la masse des faits divers . . . et ben . . .

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MessagePosté: Ven 24 Aoû 2007, 17:32 


.

vidéo-surveillance...

http://www.dailymotion.com/video/x1fkmn ... r_politics



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MessagePosté: Dim 26 Aoû 2007, 10:53 


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Chine...

http://rue89.com/2007/08/25/chine-la-se ... xportation



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MessagePosté: Sam 01 Sep 2007, 17:35 


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C'est pas Nous c'est nos voisins, mais bon... quand même ! :

http://rue89.com/2007/09/01/allemagne-u ... peculation


Vive l'Europe des Marchés.

Poil au nez.

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MessagePosté: Dim 02 Sep 2007, 10:54 


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IVAN LE TRAQUÉ


- La longue fuite de Grozny à Amiens (Florence Aubenas)

Enfant unique et choyé, mais fils de sans-papiers, il s’est grièvement blessé, début août, en tentant d’échapper à la police à la suite de son père. Itinéraire tragique d’une famille de demandeurs d’asile ordinaires.

Natalia est une femme élégante ; Andrëï, son mari ; paraît plus en retrait, mais les Demsky forment un joli couple, sérieux et réservé. A Amiens, ils n’aiment pas faire parler d’eux, sauf au collège Arthur- Rimbaud pour égrainer les succès d’Ivan, 12 ans, l’enfant unique et choyé. « On s’oublie pour lui », dit Natalia. A son accent, chacun remarque qu’elle doit venir, comme Andrëi, d’une de ces Républiques de l’Est. Personne n’y prête vraiment attention : les Demsky ressemblent tellement à tout le monde. Le 9 août ; à 6h50 du matin, des policiers sont venus les chercher chez eux, rue Maurice-Ravel à Amiens- Nord, pour les expulser vers la Russie. Alors qu’un serrurier s’acharne à forcer la porte, des voisins voient Ivan enjamber le balcon. L’enfant reste suspendu par les mains. Puis il lâche

A Amiens, on s’est brusquement rendu compte que les Demsky était bien une famille sans histoires mais aussi sans papiers. Sorti le 21 août du coma, mais très grièvement blessé, Ivan est en train de devenir le symbole d’une politique d’asile et d’émigration qui s’attaque aujourd’hui en priorité aux familles avec les armes de la répression. A Amiens, certains policiers sont perdus. Un gradé donne l’impression qu’il va fondre en larmes : « Vous croyez que ça m’amuse, moi d’aller chercher un nounours sous le lit quand on interpelle des familles ? On a l’habitude de mission claire avec les délinquants. Maintenant, on nous demande d’utiliser les mêmes moyens de répression, mais pour des gens qui n’ont commis qu’un délit administratif ! » Jacques Verges et Francis Lee, les avocats des Demsky, ont demandé l’ouverture d’une information judiciaire.

Pour qui a fui la République du Congo sur une pirogue en échange de 4 000 dollars ou quitté Kaliningrad au fond d’un container contre 6 000 euros, Amiens peut ne pas sembler la destination la plus évidente. Comme à Laon ou à Saint-Quentin s’y retrouvent les étrangers que leurs passeurs ont choisi de larguer gare du Nord, à Paris. C’est devenu si courant que des guetteurs les y attendent. « Paris est dangereux. Pour 200 euros je t’emmène ailleurs. »

En 2004, les Demsky descendent du train en Picardie. Ils demandent l’asile à l’Ofpra (Office français de Protection des Réfugiés et Apatrides), comme quatre cents autres dans le département. Les Demsky n’imaginent pas une seconde que cela peut leur être refusé. Rue Ravel, à Amiens-Nord, Claudette les regarde s’installer. Les Demsky ne demandent rien, ne font aucun bruit. Claudette a l’habitude. Elle sait qu’entre étrangers on ne raconte pas volontiers au début. Claudette a eu le statut de réfugié en deux ans - « une très grande chance » - à l’époque où le seul nom de son pays, le Rwanda, pesait plus lourd que toutes les directives. « Maintenant, même un monsieur du Darfour a été refusé. »

C’est quand Natalia a reçu son premier « rejet » de l’Ofpra qu’elle s’est confiée à Claudette. « Ici, mon mari n’arrive même plus à parler, dit-elle. Là-bas, il était si fort, il s’occupait de moi comme d’une enfant. »

Et là-bas, c’est Groznyï Tchétchénie, et le père de Natalia n’y est pas n’importe qui : un résistant connu dans la lutte contre l’armée russe. En 1994, Natalia a 16 ans quand elle rencontre Andreï. Il vient de quitter l’Ukraine, à peine indépendante, pour échapper au service militaire. Elle est musulmane et voudrait être mannequin. Il est orthodoxe et sera électricien.

Le père de Natalia exige qu’ Andreï se convertisse et rejoigne le maquis. En vain. Le couple se cache dans la ville. En 1995, Natalia accouche clandestinement. Son père lui fait savoir qu’il va venir prendre l’enfant : des « parents mécréants » ne sont « pas dignes de l’élever ».

Commence une fuite, interminable, dix ans à travers l’empire soviétique éclaté, la Kabardino- Balkarie, la Géorgie, l’Ukraine, l’Ouzbékistan, l’Adjarie. Partout ils sont chassés. « Tous les couples mixtes le sont, surtout avec une Tchétchène », dit Natalia. Les écoles refusent Ivan, qui n’a aucun certificat de naissance. Pour lui encore, ils s’en vont.

En France, les Demsky pensent à un second enfant, mais Natalia ne veut pas. Ou plutôt pas tant que leur situation n’est pas éclaircie. Ce sera pour bientôt, elle le répète souvent.

L’instruction d’un dossier de réfugié peut s’étirer jusqu’à sept ans, de demande en recours. Depuis 1991, le droit au travail a été supprimé aux demandeurs d’asile. Le temps de la procédure, les demandeurs ont droit à un logement social et un pécule, entre 180 et 380 euros par mois selon les situations. Chez les Demsky, les mois s’étirent en attente pure, en survie au goutte-à-goutte interrompue seulement par les bulletins scolaires d’Ivan et les lettres de l’Ofpra. Les bulletins sont fameux ; les lettres, négatives.

Près de 90% des dossiers sont refusés à l’échelle nationale, alors que dans les années 1980 la proportion était inverse : 80% des demandes obtenaient une réponse positive. « Accueillir des réfugiés était alors une fierté », explique Christine Foucault, assistante sociale en retraite à Amiens. Depuis deux ans, les circulaires se succèdent, de plus en plus restrictives. L’une demande que l’aide au retour soit proposée aux candidats à l’asile.

Un Guinéen s’étrangle : « On argumente pour expliquer que notre vie est en danger chez nous, et on vous répond : combien voulez-vous pour y retourner ? » Un éducateur poursuit : « L’objectif de l’Ofpra n’est plus comment protéger les gens, mais comment les virer. C’est devenu une machine à créer des clandestins. »

Au printemps dernier, le climat se tend encore davantage, à Amiens comme ailleurs, entre la présidentielle et « L’objectif » claironne du nouveau ministère de l’Identité nationale : 25 000 ex pulsions pour 2007. Beaucoup d’étrangers n’osent plus passer devant la préfecture, « même le dimanche ». Ils réclament des ordonnances d’antidépresseurs ou de somnifères. Les gens se réfugient les uns chez les autres. Les parents ont inscrit leurs enfants au centre de loisirs pour l’été, mais refusent de les y envoyer : « On ne sait jamais. » Dans un foyer d’Amiens, un couple de Géorgiens raconte comment certains amis ont choisi de s’inoculer l’hépatite C. « Les raisons médicales » et la maltraitance des femmes (comme l’excision) restent les deux derniers motifs des régularisations. Ou alors « il faut une catastrophe et du sang versé », dit Michel Kitoko, d’un collectif de sans-papiers à Amiens.

Dans la Somme, on évalue à deux cents les sans-papiers, selon diverses estimations. Quand on demande à la préfecture si un « objectif d’expulsions » lui a été assigné, les services protestent que ce serait impossible. Le ministère de l’Identité nationale répond plus simplement : « Chaque département a bien sûr son chiffre. La Somme ? Il leur faut 64 expulsions, la même chose que l’an dernier. » Dès lors qu’il s’agit de faire du chiffre, les familles sont devenues les premières cibles : mené a repérer, inoffensives et nombreuses.

Seul problème, les reconduites avec des enfants sont délicates en période scolaire. Aucun gouvernement n’assume le geste d’aller chercher des gamins à l’école. De plus, professeurs et parents d’élèves ont tissé une mobilisation à travers le Réseau Education sans Frontières (RESF). Plusieurs dossiers se sont déjà réglés à coups de manifestation. « On nous a mis la pression pour accélérer les procédures avant la fin des vacances, dit un policier d’Amiens, sous couvert d’anonymat. Le problème, c’est qu’on n’est pas formés pour ça. »

Six familles de la région, au moins, reçoivent une convocation début août au commissariat d’Amiens. Avec cette cruauté administrative, d’autant plus confondante qu’elle est sans doute involontaire, le papier précise de se munir « des pièces mentionnées ci-après : vos enfants ». Mais surtout c’est illégal : officiellement en effet, il s’agit d’une « audition ». Or ce procédé de la « convocation-piège », qui vise en réalité à interpeller des sans-papiers, a été condamné par la Cour de Cassation.

Madame Fernandez est la seule à se présenter à la convocation avec sa famille. Déboutée du droit d’asile depuis des mois, son « pécule » lui a déjà été coupé et elle devrait bientôt être expulsée de son logement social, conformément aux dernières circulaires. Madame Fernandez est à bout. En poussant la porte du commissariat, elle sait où elle va. La famille est transférée au centre de rétention de Rouen. Cas de figure assez fréquent, le Surinam, leur pays, ne les reconnaît pas comme ses ressortissants. Seuls poissons du coup de filet d’août, les Fernandez seront vraisemblablement relâchés. Sans papiers, ils seront désormais aussi sans logement : le leur a déjà été réattribué.

Les Demsky, eux, ont encore une chance : leur ultime procédure devant le tribunal administratif (TA) tombe le 6 septembre, c’est- à-dire après la rentrée. Ils se voient sauvés. Eux aussi pourtant reçoivent la convocation : la comparution devant le TA n’est pas suspensive d’une expulsion. Natalia ne veut pas d’ennuis. Elle va au commissariat, seule avec Ivan. Elle a entendu la rumeur selon laquelle les familles sont reconduites seulement si elles sont arrêtées au complet. Quand le lieutenant explique qu’il leur faut revenir tous ensemble, les Demsky se barricadent. « Si la police vient, restez cachés », leur conseillent des compatriotes. Personne n’a entendu parler de portes forcées. Une circulaire du garde des Sceaux et du ministère de l’Intérieur, datant de février 2006, précise même : si un étranger en situation irrégulière refuse d’ouvrir sa porte, « la procédure prend fin ».

Le 9 août au matin, la perceuse du serrurier entre en action rue Ravel. Le bruit est assourdissant, l’immeuble entier hurle. A l’intérieur de l’appartement, Natalia s’évanouit. Andreï voit la fenêtre comme l’ultime échappatoire. Si la famille n’est pas complète... Il s’enfuit, pour les sauver pense-t-il. Andreï vient de toucher terre quand, là-haut, l’enfant enjambe le balcon derrière lui.

Pendant deux jours, les chaînes russes font leur ouverture sur les Demsky, « ces parents tchétchènes dégénérés qui s’exhibent dans les manifestations au lieu d’être au chevet de leur fils ». Les enquêteurs français ont remarqué chez eux un ordinateur et une télé. N’est-ce pas louche avec de si petits revenus ? Ils font le tour de la communauté russe pour savoir si les parents d’Ivan ne seraient pas trafiquants. Les Demsky se sentent cernés. Samedi, ils se rendent au cabinet de Me Francis Lee, le bâtonnier d’Amiens. Il leur a demandé d’apporter toutes les photos d’Ivan afin de constituer le dossier. Pour la première lois sans doute, Natalia a l’impression qu’un monsieur qui s’apparente au monde des institutions vient de leur tendre la main. Dans le bureau, une journaliste aussi les attend. Lee leur explique qu’elle veut acheter les clichés d’Ivan. Ils refusent. L’avocat insiste. Alors Natalia hurle. « Jamais je ne vendrai mon fils. »

Il est 21 heures quand les Demsky arrivent à l’hôpital, le seul endroit où ils s’apaisent un peu. Dans le hall, un représentant de la préfecture les attend. Il leur tend à chacun ce dont ils rêvent depuis plus de trois ans : un permis de séjour « à titre humanitaire ». La générosité est comptée, six mois sans autorisation de travailler. Natalia regarde le papier. « Vous croyez que je vais me taire avec ça ? Sans-papiers je suis, sans-papiers je reste. » Les Demsky n’ont toujours pas signé le document.


Florence Aubenas



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http://www.educationsansfrontieres.org/?article7699

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