LA JUSTICE DÉNONCE LES MENSONGES DE LA POLICE
Un cas exemplaire d’usage du Taser en France
dimanche 31 juillet 2005, par Fabrice
De l’usage du Taser en France... et de l’abus de droit.
"Bavure. La justice lyonnaise vient de donner raison à une jeune fille, battue par des policiers de la BAC dont le faux témoignage l’avaient conduite en prison.
LA BAC PRISE EN FLAGRANT DÉLIT DE MENSONGE
Justice. Retournement de situation dans le procès de Virginie accusée de violence contre deux agents de police. Les accusateurs se sont retrouvés accusés et Virginie relaxée.
Chose peu banale dans le paysage judiciaire : des membres de la Brigade anticriminalité (BAC) ont été accusés de mentir au tribunal lors du procès dune manifestante, mercredi 6 juillet.
Rappel des faits. Le 30 avril, au cours dune manifestation festive contre toutes les frontières, une jeune fille de 19 ans, Virginie, est arrêtée place des Terreaux à la suite de dégradations contre le poste de police de la rue Pizay. Lors de l’interpellation, Virginie reçoit un coup de pied et une décharge de pistolet électrique Taser. Mais deux agents de la BAC accusent Virginie de rébellion, tentative de vol de l’arme de service et incitation à la rébellion. Mise en détention provisoire, elle reste 22 jours derrière les barreaux. Pour rien puisqu’elle est ressortie blanchie de toute accusation. C’est ce qu’a montré un procès au cours duquel les policiers de la BAC se sont retrouvés rapidement dans la position de l’accusé.
Des photos et un film amateur de l’arrestation ont permis de faire basculer le procès en la faveur de Virginie. Les policiers, une fois à la barre, se sont empêtrés dans des explications en contradiction avec ce que montraient les photos.
Difficile en effet pour eux de justifier les coups de pieds et l’usage du Taser alors que l’enquête de l’IGPN (la police des police) avait montré que la jeune femme ne pouvait pas faire partie du groupe auteur des dégradations rue Pizay, qu’il était impossible qu’elle ait essayé de voler l’arme du policier et lancé un appel à la rébellion.
Les deux policiers parties civiles et leurs cinq témoins, tous membres de la BAC ont ainsi préféré donner une vision de la réalité qui s’avère inexacte. Le procureur de la République, Alexandre de Bosschère, a pris à partie l’un des agents : vous mentez au tribunal, votre déposition n’est destinée quà faire coller votre témoignage aux photos.
Arrogance policière
"Vous vous rendez compte que vous avez fait deux faux PV ?" s’est même emporté le président du tribunal, Jean-Patrick Péju, à l’encontre d’un des policiers de la BAC, en lui faisant remarquer des versions contradictoires de l’interpellation de Virginie. L’agent, pour sa défense, ne pouvait pousser qu’un plaintif : je nai pas menti car jai prêté serment.
Le président ainsi que le procureur ont finalement exprimé leurs sincères regrets en abandonnant tous les chefs d’accusation contre Virginie. Dans son réquisitoire, le procureur sest interrogé : "QUE CE SERAIT-IL PASSÉ S’IL N’Y AVAIT PAS EU LES PHOTOS ET LA VIDEO ?" Il y a tout lieu de penser en effet que Virginie aurait été certainement condamnée sur la foi des dépositions des policiers, comme elle avait fait 22 jours de préventive sur la base de cette même confiance.
A la sortie du tribunal, maître Frédérique Penot, l’une des deux avocates de la jeune femme, exprimait son écoeurement : "C’EST GRAVE CE QUI S’EST PRODUIT SURTOUT DANS LE CAS DES PROCÉDURES DE COMPARUTION IMMÉDIATE OÙ 98% DES PREUVES SONT DES PV DE LA POLICE. TOUTE LA CRÉDIBILITÉ DE LA JUSTICE EST REMISE EN QUESTION. ON A AFFAIRE A UN MENSONGE EN BANDE ORGANISÉE".
L’avocat des policiers, maître Gabriel Versini a toutefois décidé de faire appel sur le plan civil en espérant que le parquet fasse de même sur le plan pénal. Ce qui paraît peu probable compte tenu de la virulence du réquisitoire du procureur à l’encontre des policiers.
On s’achemine vers une bataille de procédures. Les avocates de Virginie ont en effet porté plainte pour violence contre deux policiers et envisage de faire de même pour fausse déposition."
Laurent Burlet de l’hebdomadaire "Lyon-capitale"
source:
http://www.raidh.org/